Interview Greg Quesne du 15/01/2018

Bonjour Greg,

Bonjour Anne. C’est toujours un plaisir de répondre à vos questions 🙂 .

En guise de préambule, peux-tu nous jurer sur l’honneur de dire la vérité dans cette interview ou comptes-tu une fois de plus nous mener tête baissée sur une fausse piste ?

Jurer, c’est pour la religion et le tribunal… Je ne suis ni croyant ni accusé, enfin d’après ce que m’a dit mon avocat lors de sa dernière visite au parloir (Rires).

Pour ce qui est de mentir, ma pauvre mère m’a toujours appris à ne jamais le faire. Mentir, c’est mal ! Mais, la vie m’a enseigné qu’il existait plusieurs vérités, alors maintenant, dire que je vais vous donner celle que vous voulez entendre, ce n’est pas gagné… Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.

Avec quatre textes parus chez Lune-Écarlate et Amarante Éditions en 2017 (ndlr : Poupées de Cire, épisodes 1 et 2, Aujourd’hui, j’ai eu six ans et Premières fois), on peut dire que tu as eu une année trépidante pour une « jeune » plume. Quel est ton retour sur cette année plutôt spéciale ?

Un trop plein de sentiments opposés… Oui, j’avoue, c’est assez paradoxal comme réponse.

Si, pour vous, l’année débute en septembre, oui, l’année a été très riche ! Même si le travail a débuté en avril avec l’acceptation par Lune Écarlate de la série et des deux nouvelles, la naissance n’a été célébrée qu’en septembre. Cependant, Aujourd’hui, j’ai eu 6 ans et  Poupées de Cire 1 et 2 avaient déjà vécu une première émancipation lors d’une autoédition sur une plateforme de vente de livres bien connue (tchut tchut… pas de marque).

Après, en ce qui concerne des choses ressenties, d’abord une certaine satisfaction personnelle, un accomplissement de soi-même d’avoir pu mener un projet à son terme et peut-être une forme de reconnaissance également. Mais je ne suis pas du genre à me vautrer sur mes lauriers et jouir de cette réussite, je suis un éternel anxieux et perfectionniste, qui court toujours après le temps. Aujourd’hui, je me bats contre la montre pour rendre ma copie de chaque nouvel épisode à l’heure, je travaille à flux tendu ! Avec le constant sentiment de culpabilité de ne pas être suffisamment productif. Dans mon malheur, j’ai un peu de chance… En ce moment, je n’ai pas d’emploi fixe ; je passe donc la quasi-totalité de mes journées sur mes Poupées. Je suis un coureur de fond que je dois flageller afin de sprinter, la procrastination est ma pire ennemie.

Poupées de cire paraît par épisode, à raison d’un tous les deux mois depuis septembre 2017 et rencontre un accueil plutôt chaleureux, si l’on en croit les critiques et commentaires qui fleurissent sur la toile. Néanmoins, c’est un travail de longue haleine qui requiert pas mal d’organisation et qui implique une régularité de métronome, en sus de toutes les recherches que tu mènes pour te documenter. Pas de syndrome de la page blanche ? Quel est ton secret ?

Oui et d’ailleurs, j’en suis le premier étonné. Et je tiens à remercier toutes les personnes qui ont lu, critiqué, chroniqué mes écrits… Y en a même qui les auraient achetés  ! (Rires) Dans tous les cas, je vous dis merci d’avoir perdu un peu de votre temps en ma compagnie, j’en suis flatté.

Pour ce qui est du travail de longue haleine, je vous le confirme ! Initialement, PDC était prévu pour être un roman, et je me suis dit, à l’époque, qu’il serait plus simple de l’adapter en série, cela me demanderait moins de travail… autrement dit, d’avoir un peu plus de temps pour souffler… QUELLE MONUMENTALE ERREUR !!! Une série requiert deux à trois fois plus de travail qu’un « simple » roman ! Mais, pour répondre à votre question, oui, cela demande une sacrée dose d’organisation. Ceci dit, cela ne me dérange pas le moindre du monde, je suis un pratiquant de la méthode flocons de neige et quelqu’un que de très procédurier. Toutefois, le projet a un certain nombre d’années d’existence derrière lui et a connu plusieurs remises en question et subi divers réaménagements du plan. Ce dernier n’est d’ailleurs pas à l’abri de quelques modifications de dernière minute afin de répondre aux besoin soit du format ou du contenu historique.

Ma manière de m’organiser, vous vous en doutez, demande un temps monstre, j’y travaille quasiment jour et nuit vingt-six heures par jour, huit jours par semaine. Non… sérieusement, avant d’écrire la moindre ligne, tout un plan détaillé a été rédigé, précédé par un mind-mapper bien charpenté. Le grand dieu « Yapluka » ne prend les commandes de la rédaction qu’à partir de ce moment… Juste avant l’écriture de certaines scènes, je me documente pour être au plus près de la réalité et, ainsi, savamment la contourner par moment… Si l’on veut tricher sans se faire prendre, il faut connaître toutes les règles du jeu avant ! Mais j’avoue que pour l’écriture de PDC-3, je me suis énormément documenté sur des ouvrages d’époque, pour la plupart publicitaires, ainsi que les Guides du Routard de l’époque. Le site Gallica, qui est le portail numérique de la Bibliothèque Nationale de France, mais également mon moteur de recherches favori ont été mes meilleurs alliés durant l’écriture de cet épisode (attention spoil : et également pour PDC-4), autant que la bibliothèque du Havre, qui a un catalogue très riche.

Pour ce qui est du syndrome de la page blanche, j’ai tout fait en amont pour ne pas le subir. Néanmoins, je n’ai pas été à l’abri d’une information impossible à trouver pendant plusieurs heures ou ne pas réussir à tourner la moindre phrase, alors que toutes les idées étaient là sur le bout du crayon… Dans ces moments, je me sens comme un tétraplégique du stylo.

Anne, vous voulez vraiment avoir mon secret ? Si je vous le dis, je vais être obligé de vous descendre juste après… (Rires) Non, je n’ai pas de secret en particulier, je suis simplement méthodique, passionné et… je possède une case vide dans le fond du ciboulot qui me permet de faire le ménage de temps en temps.

Dans notre précédent entretien, tu parlais de projets littéraires aussi nombreux que variés. As-tu quelque peu avancé ou avances-tu uniquement focalisé sur Poupées de Cire ?

J’avoue, je ne peux m’empêcher de penser aux projets « après Poupées », mais je ne note rien… ou quasiment rien. Je stocke tout dans ma sale caboche. Les meilleures idées continuent de mûrir et les moins bonnes sont oubliées ou reviennent plus tard. Elles hibernent en quelque sorte. Il y a une sorte de sélection naturelle afin que je puisse me concentrer sur PDC.

Cependant, j’avoue avoir commis un écart qui pourrait cependant s’avérer payant. Seul le futur nous le dira. Pour le moment, c’en est qu’au stade d’expérimentation… Allez, je vais être sympa avec vous, je vais vous en lâcher un bout… Je travaille avec un chanteur sur l’écriture des paroles du prochain album de son groupe. On ne va pas s’emballer, pour le moment, nous n’en sommes qu’au premier texte, même si plusieurs idées germent au fond de mon crâne. C’est tout, vous n’en saurez pas davantage. Question suivante, s’il vous plaît…

Les trois premiers épisodes de Poupées de cire ont en quelque sorte planté le décor. Qui, finalement, est le protagoniste de ton histoire ? Ou, sans détour, à quelle sauce vas-tu nous manger, nous, tes lecteurs ? Un peu d’exclu, Greg, nous salivons tous…

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous, ma chère Anne. Seuls les deux premiers épisodes servent à planter le décor – d’ailleurs, avec le recul, je me dis qu’ils auraient dû être fusionnés dès le début. Si on parle d’un point de vue technique, nous avons une situation initiale, pour le/les héros ou le/les « gentil(s )», comme vous voulez, et un élément perturbateur pour chacun d’entre eux. La suite fait partie du développement ou des péripéties de l’intrigue. Par contre, je suis parfaitement d’accord : le lecteur a peut-être le sentiment d’être toujours dans la phase de découverte, car le récit est riche en descriptions, mais il n’en est rien. Il faut qu’il garde à l’esprit que PDC est une intrigue d’ambiance, le mystère peut se cacher dans la moindre phrase, le moindre mot, une balade en barque sur les bords de la Seine, même si y en a toujours qui en revienne pas d’la balade en barque. Cette série n’a rien des textes à rebondissements fulgurants à coups d’explosions et de course-poursuites. Les lecteurs qui commencent à me connaître savent que je ne fonctionne pas ainsi et que mes rebondissements sont de l’ordre de l’invisible… de l’émotionnel, je dirais. Avec un certain plaisir, je me laisse à imaginer le lecteur qui relit l’histoire pour la seconde fois, par exemple le passage de la version électronique vers la version papier qui paraîtra en intégral à Noël prochain (ndlr : décembre 2018), et qui se dit : « Quel enfoiré, ce Greg, il nous a tout dit dès le début ! » ou, peut-être, qui approfondira la complexité de certains personnages.

Qui sont les protagonistes, les antagonistes ? Je ne pense pas qu’ils soient réellement définis au sens propre, car chaque personnage a sa propre vie, ses propres enjeux et ses propres désirs. Je pense que c’est simplement mon style de mener mon intrigue ainsi, de manière à ce que le lecteur soit le spectateur et le témoin d’un instant d’existence de plusieurs personnages que la vie a rapprochés à un certain moment. Même si, bien évidemment, j’ai une préférence pour certains dont je tairai le nom pour la sécurité de leur couverture, il est tout à fait possible de s’accrocher à chaque personnage. Rien de ne vous empêche d’avoir un petit béguin pour Justin le maladroit, Jacques le ténébreux ou Alphonse l’excentrique inspecteur en chef ; ils ont chacun leurs secrets qui seront dévoilés au fur et à mesure des épisodes.

Une exclu ? Si je vous dis qu’ils se marièrent et vécurent heureux, vous allez me demander si je me moque un petit peu de vous… et je vous répondrai avec un sourire narquois : oui ! Bon, soyons bon joueur (quoique…), je vais vous offrir un spoil, profitez-en bien, vous n’en aurez pas d’autre : la brigade au complet ne sortira pas indemne de cette enquête, deux d’entre eux quitteront l’équipe… Vivants, morts ou condamnés ? Mince, j’ai un trou de mémoire subit…

As-tu dit la vérité, toute la vérité et rien que la vérité dans les lignes qui précèdent ?

Non, j’ai menti une fois… J’ai toute ma tête.

 

Merci d’avoir consacré du temps à nos lecteurs, Greg.

De rien, Anne, c’est toujours une joie de pouvoir se livrer aux gens qui contribuent à concrétiser nos rêves en les plongeant dans les nôtres.

Revue de presse

 

Le Paris-Normandie, édition du Havre – Lillebonne – Bolbec, 13/12/17

 

« Dès le début on se laisse prendre aux mots ! Ecriture addictive ! Univers addictif ! bref… vous l’aurez deviné… j’adore ! La plume de l’auteur glisse toute seule… nous entraînant dans son univers… pour notre plus grand plaisir ! Un feuilleton qui s’annonce palpitant…
Un auteur qui mérite d’être connu et reconnu ! »

« Ce roman, à la fois policier et romanesque, sera publié sous forme d’épisodes (8 au total) dont le premier est sorti en septembre. Le second arrive bientôt. La publication est prévue au rythme d’un épisode tous les deux mois. Dans ces 39 premières pages se posent l’intrigue et les principaux personnages, qui évoluent dans le Paris de la fin du XIXème siècle. L’occasion de découvrir le quotidien de l’époque au sein de la capitale (à propos duquel ce récit semble être très bien documenté). J’avoue que ma curiosité est piquée.

Virginie Poinssonnet

« J’avais hâte de connaître la suite du premier tome paru en septembre, où Greg Quesne avait posé les bases de l’histoire. J’ai retrouvé avec plaisir les personnages dans cette suite où l’auteur continue à nous présenter les protagonistes et les lieux. Toujours avec une plume très fluide et efficace, il décrit le Paris du siècle dernier, avec ce qu’il faut de descriptions pour bien nous plonger dans l’ambiance.

Je me suis régalée à la lecture de ce deuxième opus, j’ai beaucoup aimé la façon qu’a l’auteur de nous plonger dans l’atmosphère du Quai des Orfèvres avec de belles descriptions, une façon de rentrer par la petite porte et de connaître les dessous de la justice, et la touche d’humour également avec l’embarras d’Émilien, ses confusions, sa timidité face à ses nouveaux collègues, les répliques de ceux-ci, leur manière de charrier le « bleu ». J’ai maintenant hâte de retrouver tout ce petit monde dans la suite. J’avoue que ça va être long, mais ce n’en sera que meilleur lorsque je vais les retrouver tous !
Un grand merci à Greg Quesne qui me fait vivre de bons moments et me fait découvrir l’intérieur de ce monument qu’est le Quai des Orfèvres et les personnes l’occupant, vous me confirmez avec ce deuxième opus mon intention de vous suivre en tant qu’auteur ! »

Marie Nel

« Une équipe du tonnerre, une trame d’histoire qui tient la route !! L’auteur nous offre une suite pas piquer des hannetons, qui nous tient en haleine du début à la fin !! »

Bite me if you can

« Ce qui me captive dans la plume de Greg Quesne, c’est sa ma manière de poser les décors, d’imposer son rythme au récit, de nous permettre de souffler en glissant habilement des émotions dans les mots.
[…] Je vous invite à nager dans le monde de Greg Quesne, le détour en vaut la peine. Si vous jouez les enquêteurs en collectant les indices, cela rendra la lecture encore plus passionnante. Vous verrez comment une certitude peut nous ridiculiser. »

Gorby auteur

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